5 CONSEILS POUR BIEN DÉBUTER À LA NYMPHE AU FIL

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Matthieu Mercier, moniteur guide de pêche à la mouche

Avant de vous laisser découvrir ces conseils, je voulais prendre quelques lignes pour vous présenter Matthieu Mercier, un ami, moniteur guide de pêche et excellent pêcheur à la mouche.

Matthieu fait partie de ces pêcheurs passionnés qui aiment transmettre avec simplicité et beaucoup de pédagogie. Spécialiste de la nymphe au fil, il accompagne de nombreux pêcheurs pour les aider à progresser, mieux comprendre les dérives, affiner leurs montages et gagner en efficacité.

Il est également l’auteur du livre Apprendre et maîtriser la nymphe au fil, ainsi que de la formation vidéo Apprendre et maîtriser la nymphe au fil, deux supports que nous sommes heureux de proposer sur La Fine Mouche.

Si vous souhaitez progresser sérieusement à la nymphe au fil, ou simplement vivre une belle journée d’apprentissage au bord de l’eau, n’hésitez pas à faire appel à ses services de moniteur guide de pêche via son site : matthieumercier-pechemouche.fr.

Je suis donc très heureux de partager ici cet article rédigé par Matthieu, avec 5 conseils essentiels pour bien débuter à la nymphe au fil.

5 CONSEILS POUR BIEN DÉBUTER À LA NYMPHE AU FIL

Il est clair que la nymphe au fil est aujourd’hui une technique plébiscitée. Nombre de pêcheurs à la mouche se tournent vers cette technique pour, entre autres, allonger leur partie de pêche en attendant un regain d’activité de surface.

En ce sens, la nymphe au fil s’avère particulièrement complémentaire de la pêche en sèche.

Nombre de pêcheurs au toc s’orientent également vers la nymphe au fil pour sa facilité de mise en œuvre, sa polyvalence dans les ruisseaux et rivières moyennes et le dynamisme de son action de pêche !

Pourtant, derrière son apparente simplicité, cette technique peut se révéler délicate à maîtriser. Le débutant se heurte souvent à des difficultés qui peuvent, parfois, le conduire à abandonner.

Chaque conseil représente un paragraphe d’une dizaine de lignes. La lecture ne vous prendra pas plus de 15 minutes, mais appliquer ces quelques conseils vous fera gagner un temps précieux dans votre apprentissage. Libre à vous ensuite d’aller plus loin dans la technique !

Je vous souhaite une très bonne lecture, et bienvenue dans le monde passionnant de la nymphe au fil !

Matthieu Mercier

CONSEIL N° 1/5 : APPRENDRE À BIEN LANCER !

On sous-estime souvent l’importance du lancer à la nymphe au fil. Pourtant, c’est le lancer qui va installer la dérive, dérive qui, bien menée, déclenchera la touche. Le lancer est donc l'élément initial qui fonde la dérive.

Mais restons sur les bases. L’important, avant toute chose, est que nos lancers soient précis. En effet, plus nous serons précis, moins nous multiplierons les lancers inutiles, et chacun de nos lancers augmentera réellement nos chances de prendre un poisson.

La règle incontournable est donc celle des 180 degrés.

Mise en œuvre : lors du chargement de nos nymphes sur le lancer arrière, on s’assurera que celles-ci sont dans l’axe longitudinal de la zone cible.

Autrement dit, que le point de chargement et la zone cible forment une droite, un angle à 180°. À la nymphe au fil, on cherchera également à bien sentir la charge des nymphes dans le scion, signal que l’on peut amorcer le lancer avant.

En outre, on privilégiera des lancers linéaires plutôt qu’en cloche, afin notamment de pouvoir passer sous des obstacles – frondaisons, ouvrages, etc.

D’autres éléments propres au lancer permettront également une meilleure immersion des nymphes, donc une entrée en pêche plus rapide. Gestuelle que je développe notamment dans la formation dédiée. Dans un premier temps, il s’agira déjà d’intégrer pleinement la notion des 180 degrés !

CONSEIL N° 2/5 : INSTALLER RAPIDEMENT SON INDICATEUR “EN PÊCHE”

Une des erreurs les plus communes chez le débutant consiste à laisser s’étaler l’indicateur à la surface après le lancer, puis, par un geste de relevage de la canne, à soustraire celui-ci de la surface pour l’installer en pêche.

Dans 80 % des situations, cette gestuelle est préjudiciable à votre dérive et limite vos chances de prendre davantage de poissons.

D’une part, ce fil posé tendu sur la surface puis récupéré pour mettre l’indicateur à fleur d’eau se traduit, sous l’eau, par un dragage peu naturel de vos nymphes. D’autre part, cette traction de votre montage constitue une contrainte importante à l’immersion de vos nymphes.

En d’autres mots, vous empêchez vos nymphes de couler et vous les tractez d’une manière artificielle, propice à alerter le poisson en poste.

Le conseil simple pour installer rapidement votre indicateur en pêche : sur le lancer avant, bloquez plus tôt votre canne et relevez le scion, légèrement en hauteur et vers l’amont, avant que vos nymphes ne touchent l’eau.

Vous êtes aussitôt en pêche !

CONSEIL N° 3/5 : DES NYMPHES, D’ACCORD, MAIS D’ABORD UNE DÉRIVE !

Tous les guides de pêche vous le diront : ce qui fait la différence à la nymphe au fil, ce n’est pas le modèle de nymphe, mais bien davantage la qualité de votre dérive.

C’est-à-dire la manière et la hauteur à laquelle vous faites naviguer votre nymphe dans la colonne d’eau.

Ce serait faux de dire que le modèle de nymphe n’a pas d’importance. Cela peut faire la différence au cours d'une partie de pêche, mais seulement à partir du moment où les critères d’une bonne dérive sont remplis : passer à la bonne hauteur, avec le bon lestage, et de la bonne manière.

Je rencontre souvent des pêcheurs qui possèdent des boîtes remplies de superbes nymphes, avec toutes les couleurs de billes et formes de corps possibles, mais seulement en une ou deux tailles...

Mon conseil est ici très simple : ne vous laissez pas tourner la tête par tous ces modèles, il en existe en effet de très beaux, des milliers en fait, qui ornent les pages des réseaux sociaux dédiés et des catalogues.

Concentrez-vous d’abord sur quelques modèles qui fonctionnent, et déclinez-les en différentes tailles. Depuis la bille de 2 mm à la bille de 4 mm par exemple. Et testez la qualité de votre dérive selon le poids utilisé.

Quelques modèles classiques qui fonctionnent toujours : une Oreille de lièvre, une Pheasant Tail et deux ou trois modèles de perdigones, un classique de couleur sobre et un ou deux modèles plus incitatifs en bleu, violet ou bordeaux.

Le plus important est d’optimiser la qualité de votre dérive, tant au niveau du montage qu'au niveau de la gestuelle.

CONSEIL N° 4/5 : COMPRENDRE LES DIFFÉRENTES PHASES DE VOTRE DÉRIVE

La nymphe au fil, dans son action de pêche, implique de s’intéresser à la 3e dimension que représente le monde subaquatique.

Lorsque vous pêchez en sèche, vous aimez savoir où se trouve votre mouche et comment elle évolue à la surface de l’eau. De la même manière, à la nymphe au fil, on cherchera à comprendre comment se comporte notre nymphe durant sa dérive. La chose est évidemment un peu plus complexe, car celle-ci échappe à notre vision.

C’est donc l’indicateur qui nous « dira », nous « tiendra informés » de l’évolution de l’artificielle sous l’eau. Savoir lire et interpréter tout ce que nous « raconte » l’indicateur a dès lors une grande importance.

Pour progresser à la nymphe au fil, on cherchera à améliorer la présentation de sa nymphe au cours de sa dérive.

Je distingue trois phases, rassemblées sous l’acronyme DPE. D pour Descente, correspondant à l’immersion de la nymphe ; P pour Dérive Profonde, qui représente la zone où la nymphe va réaliser l’essentiel de son parcours sous l’eau ; et E pour Émergence, moment où, en fin de dérive, la traction sur la bannière fait remonter la nymphe vers la surface, simulant ainsi l’émergence d’un insecte.

Nous n'avons pas le temps de développer ici les lancers particuliers, la gestuelle adaptée pour gérer et animer sa dérive, et la manière de récupérer sa bannière pour éviter le dragage et le découpage transversal des veines, mais j'y reviens en détail dans le livre et la formation.

CONSEIL N° 5/5 : BIEN LIRE LA RIVIÈRE

Nous venons de le dire : la nymphe au fil implique de s’intéresser davantage à ce qui se passe dans la colonne d’eau.

Nous allons également nous intéresser à des segments et profils de la rivière qui, en sèche, n’avaient pas retenu notre attention : radiers et courants rapides, poches d'eau, etc.

Si vous ne deviez retenir que deux choses, ce seraient un concept et un mot : opportunisme et rupture.

La truite est opportuniste : elle cherchera toujours à fournir le moins d’effort possible pour obtenir le maximum de nourriture.

La question à se poser devant chaque trou d’eau, chaque courant, est donc la suivante : où le poisson a-t-il intérêt à se placer pour profiter d’un maximum d’alimentation tout en dépensant le moins d’énergie ?

Le mot rupture répondra en grande partie à ce dernier critère.

La truite va presque toujours chercher la zone qui fait rupture avec l’ensemble : dans un courant peu profond, elle s’installera dans ce léger approfondissement ; si le courant est très fort, elle se positionnera en limite, là où la zone semble presque morte.

Les blocs également seront des zones de rupture, tout comme un creusement en tête de pool ou un rehaussement du fond en queue de bassin.

LA RIVIÈRE VOUS ATTEND

La nymphe au fil n’est pas compliquée, mais exigeante. C'est en empilant des briques de progression les unes sur les autres que vous deviendrez meilleur pêcheur.

Ce livret avait pour but de vous transmettre quelques clés, qui raccourcissent l’apprentissage et ouvrent la porte à des sessions de pêche plus techniques, plus conscientes et plus réussies.

Il ne vous reste plus qu’à enfiler vos waders et profiter : la rivière vous attend.

Si vous souhaitez aller plus loin, vous pouvez également rejoindre la formation en ligne dédiée.

Bonne continuation dans l'univers de la nymphe au fil !

1 commentaire

Stephane BOSSAVIT

Bonjour Mathieu , vos conseils pour l’approche de cette technique sont excellents!..
Je voulais vous dire que j’ai acheté votre formation en ligne et votre livre !..
Au plaisir de vous lire prochainement !
Bien à vous
SB

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